LES STATUES

Identiques à elles-mêmes, par trois, elles forment un triangle soudé.
Étranges, séparées d’un espace qu’elles délimitent d’un regard toujours vers l’avant, venues aussi du ciel sans que jamais rien n’y paraisse.

Similaire dans la taille, les bras collés dans l’ombre,
sur des corps ni de l’évolution humaine, ni d’animaux quelconques.
Concentrés d’humanoïdes, d’enfants cosmiques ramenés au monde,
intuition métaphysique diffuse,
mise en forme un soir d’amour.
Ni ceci, ni cela.
Incongrue surprise archétype lointain.

Ils ont besoin de nous,
ne peuvent intervenir,
les voix du silence échappent aux hommes.

Extatiques impavides leur vie somnambuliques n’entrent au monde qu’en reflet.
Nous avons besoin d’eux ainsi que les étoiles qui montrent aux hommes des chemins bien terrestre.
Viennent-il de loin ? sans doute,
pourtant la distance ne compte pas.
Ils ne se déplacent pas,
ils surgissent quand les temps le demandent.
Une vie féconde ramène la vie à la terre,
la terre devient vie transformée en sculpture.
Nous ne sommes pas poussière, mais existence passive parfois,
le sublime est ce neutre commun, ce beau incalculable qui habite les désirs.

Les trois sculptures ensemble pourrait, dans l’espace,
dessiner l’Homme de Vitruve :
un triangle, un cercle, un homme circonscrit nu, grandiose.
ESPACE – TEMPS – ENERGIE, un rond par-dessus pour sceller sa prison.
Mais aussi l’espoir,
la verticalité humble de nos amis,
3 âmes libres aimantes,
individuelles jusqu’à pouvoir se regarder infiniment dans un miroir.
Mais par dessus tout trois inséparables, irrésistibles.

Être seul ne peut exister,
l’égoïsme se construit dans le vide.
1+1 = infini de soi à la recherche des autres
1+1 =3
Trois dimensions,
la quatrième s’ajoute à mon immatérielle addition.

Mon âme m’attire vers un tableau sculptée qu’isabelle fera plus tard comme tous ces mots d’amour que j’écrirai un jour.

Michel Ville